La condamnation de Google par l’ADLC est une première étape importante pour rendre aux médias présents sur internet près de 1 milliard d’euros par an de publicité digitale dont ils sont abusivement privés par Open Internet Project

Paris, le 10 juin 2021 – La condamnation à 220 millions d’euros de Google par l’Autorité de la concurrence pour avoir accordé un traitement préférentiel à ses propres services d’intermédiation et de gestion d’enchères publicitaires met en lumière que la part de marché de Google et Facebook sur le marché de la publicité digitale atteint près de 75% pour seulement 30% de l’audience alors que la part d’audience des médias présents sur internet (Le Figaro, Les Echos, TF1, M6, BFM, RTL, France Info, etc.) est de 25% pour seulement 10% de part de marché.

En effet, les médias sont les victimes collatérales du système concurrentiel biaisé par lequel Google a capté une part dominante du marché publicitaire digital, lui permettant d’utiliser le contenu, l’audience et les données des médias pour capter la valeur sur ce marché et privilégier ses propres inventaires (espaces publicitaires).

Ainsi, sur un marché d’environ 8 milliards d’euros par an, cela signifie qu’en privilégiant ses propres espaces publicitaires (Youtube, Google Search, etc.), Google parvient par ses multiples conflits d’intérêt et ses pratiques d’auto-préférences à détourner une part importante du marché publicitaire digital au détriment des médias traditionnels.

C’est entre 800 millions et 1 milliards d’euros qui doivent être redirigés du duopole (Google et Facebook) vers d’autres bénéficiaires naturels des campagnes digitales des annonceurs. La décision de l’ADLC est une décision déterminante comme première étape pour permettre ce rééquilibrage.

En effet, les remèdes que Google s’est engagé à mettre en œuvre vont pouvoir lever les barrières anticoncurrentielles qui pénalisaient les acteurs concurrents de Google sur le marché de la publicité digitale.

« L’Open Internet Project se félicite que des acteurs alternatifs de la publicité digitale puissent se développer, permettant aux médias français et européens de s’appuyer sur des opérateurs indépendants qui auront à cœur d’irriguer la presse et l’audiovisuel d’une manne publicitaire numérique dont ils étaient abusivement privés. L’OIP suivra avec attention le respect de ces remèdes devant assurer l’émergence d’acteurs indépendants de l’adtech en France et en Europe », souligne Léonidas Kalogeropoulos, Délégué Général de l’OIP.   

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